Photo d'identité : les normes officielles et les refus
Photo d'identité : format 35 x 45 mm, fond clair, tête nue, expression neutre. Les normes officielles et les motifs de refus les plus fréquents.

Une photo d’identité française mesure 3,5 cm sur 4,5 cm, avec un visage de 3,2 à 3,6 cm, sur fond uni et clair, tête nue, expression neutre et bouche fermée. Elle doit dater de moins de six mois et sortir d’un professionnel habilité ou d’une cabine agréée. Hors de ces clous, la mairie la refuse.
Les dimensions officielles d’une photo d’identité
Le format ne se négocie pas. Service-public.gouv.fr fixe un tirage de 3,5 cm de large sur 4,5 cm de haut, avec un visage compris entre 3,2 et 3,6 cm, soit 70 à 80 % de la hauteur de l’image. L’arrêté du 10 avril 2007, qui encadre l’apposition des photographies sur les documents d’identité et de voyage, les permis de conduire et les titres de séjour, écrit la même chose en millimètres : 35 mm sur 45 mm, avec une tolérance de 0 à moins 1 millimètre par côté.
L’annexe technique de cet arrêté renvoie à une norme internationale, l’ISO/IEC 19794-5 de 2005, consacrée aux formats d’échange de données biométriques. Elle impose un éclairage sans ombre portée, l’absence de reflet, une exposition correcte, une mise au point franche, une couleur naturelle et l’absence de distorsion optique. Le tirage doit aussi tenir dans le temps : le même texte décrit des essais de résistance à la chaleur, à l’humidité et à la lumière.
Un seul tirage suffit pour constituer un dossier, contrairement à l’habitude ancienne des planches de six vignettes. La planche garde pourtant son intérêt, puisque la même image servira souvent à un second dossier dans les six mois qui suivent.
Où se mesure exactement la hauteur du visage
La mesure part du bas du menton et s’arrête au sommet du crâne, hors chevelure. Une coiffure volumineuse n’entre donc pas dans les 3,2 à 3,6 cm : c’est le crâne qui sert de repère, pas la masse de cheveux posée au-dessus.
Trois conséquences au moment de la prise de vue :
- un cadrage trop large fait passer le visage sous la limite basse
- un cadrage trop serré dépasse la limite haute et coupe le haut du crâne
- la tête doit rester droite et centrée, sans la moindre inclinaison
Le calage vertical compte autant que la taille. Un visage collé au bord supérieur laisse un vide sous le menton qui déséquilibre l’image et complique la lecture automatique du gabarit.
Fond, lumière et netteté : les trois critères techniques
Le fond doit être uni et clair, bleu clair ou gris clair par exemple, selon service-public.gouv.fr. Le tirage doit être net, sans pliure ni trace, correctement contrasté, exempt de surexposition comme de sous-exposition, et sans ombre portée sur le visage. La photo en couleurs est fortement recommandée.
Ces critères ne relèvent pas de l’esthétique. Un agent contrôle la planche à l’œil nu au dépôt, puis le titre entre dans une chaîne biométrique qui compare des points du visage. Une ombre sur une joue, un flou de bougé ou un contraste écrasé brouillent cette lecture.
Quelques repères pour une prise de vue conforme :
- écartez le sujet du mur d’au moins cinquante centimètres pour supprimer l’ombre portée derrière la tête
- éclairez des deux côtés, ou avec une source large et frontale, jamais avec un plafonnier seul
- contrôlez la netteté des yeux à fort grossissement avant d’imprimer
- imprimez sur un vrai papier photo, jamais sur du papier bureautique
Les principes d’éclairage détaillés dans notre guide pour réussir un portrait photo s’appliquent ici, à une nuance près : le relief modelé qui flatte un portrait devient un défaut sur une pièce d’identité, où la lumière doit rester plate et homogène.

Pourquoi le fond blanc est écarté
Le blanc est explicitement interdit. La raison tient au détourage : sur un fond blanc, un teint clair, une chemise blanche ou des cheveux gris se fondent dans l’arrière-plan, et le contour de la tête devient impossible à isoler proprement. Un gris ou un bleu très pâle conserve ce contour.
Même sanction pour les fonds à motif, texturés ou saturés. Un rideau plissé, un mur portant une prise électrique, une porte à moulures : chaque détail visible derrière la tête suffit à faire recommencer la séance.
Visage, regard et accessoires : la tolérance est mince
La tête doit être nue et droite, le visage dirigé vers l’objectif. Chapeau, foulard, bonnet, serre-tête : tout couvre-chef sort du cadre. Le regard fixe l’objectif, l’expression neutre est exigée et la bouche reste fermée. Les yeux doivent être parfaitement visibles et ouverts.
Le sourire est le réflexe le plus coûteux. Il déplace les commissures, remonte les pommettes et fausse les distances mesurées entre les points caractéristiques du visage. Un micro-sourire de politesse suffit parfois à déclencher une reprise. L’exercice consiste à garder un visage détendu mais sans expression, ce qui n’a rien de spontané devant un objectif.
Les cheveux ne doivent pas recouvrir le visage. Une frange passe si elle laisse les yeux dégagés. Les oreilles doivent apparaître, ce qui exclut les mèches rabattues sur les tempes et les cheveux longs ramenés vers l’avant. Attachez-les en arrière plutôt que de compter sur un placement instable entre deux déclenchements.
Les boucles d’oreilles et les piercings restent autorisés dès lors qu’ils laissent distinguer clairement les traits du visage. Un maquillage léger passe sans difficulté, à condition de ne pas masquer un grain de beauté ou une cicatrice qui participent à l’identification. Les conseils sur un maquillage qui tient sans se déliter valent aussi ici, puisqu’un fond de teint brillant renvoie la lumière de l’éclairage.
Lunettes : autorisées, à trois conditions
Le port de lunettes reste possible, contrairement à une croyance tenace. Service-public.gouv.fr pose trois limites : la monture ne doit pas être épaisse, elle ne doit pas masquer les yeux, et les verres ne doivent être ni teintés ni colorés, sans reflet.
En pratique, ce reflet fait échouer la plupart des tentatives. Une source lumineuse frontale se réfléchit sur un verre traité et pose un aplat blanc juste devant la pupille. Deux gestes réduisent le risque :
- inclinez très légèrement les branches vers le bas pour renvoyer le reflet hors de l’axe de l’objectif
- éclairez de côté plutôt que de face
Les verres photochromiques posent un problème distinct : ils s’assombrissent sous une lumière vive et deviennent teintés au sens de la règle. Retirer les lunettes reste la voie la plus sûre dès qu’un doute subsiste.

Carte d’identité, passeport, permis : une norme, des démarches distinctes
Le format est commun. Carte nationale d’identité, passeport, permis de conduire et titre de séjour partagent le même tirage de 35 sur 45 millimètres, avec un visage de 32 à 36 millimètres. Ce qui diffère, c’est le chemin administratif et la façon dont l’image entre dans le dossier.
Les textes de référence changent selon le titre visé : l’arrêté du 10 avril 2007 pour l’apposition des photographies, l’arrêté du 5 février 2009 pour les photos exigées à l’appui d’une demande de passeport, le décret du 30 décembre 2005 pour le passeport et le décret du 22 octobre 1955 pour la carte d’identité, chacun dans son article consacré aux empreintes et à la photographie.
Un point surprend beaucoup de demandeurs. En métropole, la photo ne se prend pas au guichet : service-public.gouv.fr indique que vous devez obligatoirement la fournir au moment du dépôt de la demande. Quelques territoires ultramarins prévoient une prise de vue sur place, et seulement là où aucun photographe professionnel n’exerce.
L’e-photo et le code ANTS
Pour le permis de conduire, l’image se transmet sans papier. Un photographe habilité ou une cabine agréée produit une photo-signature numérique, couramment appelée e-photo : le portrait et un échantillon de signature manuscrite sont numérisés, puis rattachés à un code alphanumérique que vous reportez dans la démarche en ligne. Aucun envoi postal, aucune vignette à coller sur un formulaire.
L’ANTS met à disposition un outil gratuit de géolocalisation des photographes habilités et des cabines agréées, interrogeable par code postal, nom de commune, département ou position. La règle de fraîcheur ne bouge pas : la photo doit dater de moins de six mois et provenir d’un opérateur agréé en France.
L’agence rappelle un critère souvent négligé. La ressemblance s’apprécie au dépôt du dossier comme au retrait du titre, ce qui laisse plusieurs semaines pendant lesquelles votre apparence doit rester cohérente avec l’image fournie.
Les motifs de refus les plus fréquents
Service-public.gouv.fr prévient sans détour : une photo qui ne remplit pas les conditions est rejetée, et le titre d’identité n’est pas délivré. Les causes se répètent d’un guichet à l’autre.
- un sourire, même léger, ou une bouche entrouverte
- un reflet sur un verre, ou une monture large qui mord sur les yeux
- un fond blanc, coloré, ou marqué par une ombre
- des cheveux devant les yeux, ou des oreilles entièrement couvertes
- un visage sorti de la fourchette de 32 à 36 millimètres
- une tête inclinée, ou tournée de trois quarts
- un tirage sur papier ordinaire, mat au toucher et sans piqué
- une image de plus de six mois, ou qui ne ressemble plus au demandeur
Ce qui se passe quand la photo est refusée
Le dossier n’est pas perdu, il reste en attente jusqu’à la fourniture d’une image conforme, ce qui décale d’autant la délivrance du titre. Demandez le motif précis à l’agent : un refus pour reflet et un refus pour cadrage ne se corrigent pas du tout de la même manière.
Faites contrôler la planche avant de quitter le studio ou la cabine. Un photographe habilité connaît la grille par cœur et refait la prise de vue sans discussion. Une planche imprimée à la maison, elle, n’ouvre droit à aucun recours.

Retoucher une photo d’identité : la ligne à ne pas franchir
L’image doit rester ressemblante. Ce mot, inscrit noir sur blanc dans la fiche de service-public.gouv.fr, trace la frontière entre une correction technique et une falsification de fait.
Restent légitimes les gestes qui n’altèrent aucun trait :
- le recadrage aux dimensions exigées, tant que les proportions du visage sont respectées
- l’équilibrage de l’exposition et du contraste, pour rentrer dans les critères de lisibilité
- la correction de la balance des blancs, pour une carnation naturelle
- le nettoyage d’une poussière de capteur sur le fond
Deviennent disqualifiants les traitements qui déplacent des pixels du visage : lissage de peau, affinage du menton ou du nez, agrandissement des yeux, effacement d’un grain de beauté ou d’une cicatrice, filtres de beauté automatiques des applications mobiles. Ces retouches contredisent la représentation fidèle visée par la norme biométrique référencée dans l’arrêté du 10 avril 2007, et fragilisent la comparaison faciale au contrôle.
La logique est l’exact inverse de celle qui gouverne un portrait publié. Sur une photo de profil professionnelle, vous cherchez la meilleure version de vous-même ; sur une pièce d’identité, vous cherchez la plus exacte. Les gestes décrits dans notre méthode de retouche photo portrait et le comparatif des logiciels de retouche gratuits gardent toute leur place ailleurs, jamais sur ce tirage.
Prochaine étape : reprenez votre dernière planche, mesurez le visage du menton au sommet du crâne, puis vérifiez la date de la prise de vue. Ces deux contrôles éliminent la grande majorité des allers-retours en mairie.